16 avril 2025
Le Leqembi validé par la Commission européenne

Après de multiples rebondissements, la Commission européenne autorise le Leqembi pour le traitement de la maladie d’Alzheimer en Europe.

Le 15 avril 2025 restera une date importante dans l’histoire des traitements contre la maladie d’Alzheimer en Europe. Après l’approbation de l’Agence européenne du médicament, la Commission européenne vient de donner son feu vert à la mise sur le marché d’un nouveau médicament spécifiquement dirigé contre la maladie d’Alzheimer, le Leqembi (lecanemab), ce qui n’était plus arrivé depuis le 15 mai 2002. Ce traitement avait déjà été validé dans d’autres pays comme les Etats-Unis, la Chine, le Japon, Hong-Kong, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, Israël ou encore le Mexique.

Développé par le laboratoire Eisai, le Leqembi est un anticorps monoclonal dirigé contre la protéine bêta-amyloïde. Il vise à nettoyer le cerveau de l’accumulation de plaques bêta-amyloïdes qui accélèrent le déclin cognitif. Il s’est avéré, lors du test clinique, que le traitement avait permis un ralentissement du déclin cognitif de 27% au bout de 18 mois.

Ce traitement s’adresse aux personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer à un stade précoce. Certaines ne peuvent toutefois pas y accéder, comme celles présentant deux copies du gène APOE4. Ce choix s’explique par l’augmentation du risque de développer des effets secondaires qui peuvent être délétères, comme des microhémorragies cérébrales. Ces recommandations sont légitimes et partagées par les sociétés savantes françaises, notamment la Fédération des Centres Mémoire (FCM). D’autres pays, comme le Royaume-Uni, ont d’ailleurs pris les mêmes précautions.

Quelles sont les prochaines étapes en France ?

Le laboratoire Eisai a déposé un dossier pour lancer une procédure d’autorisation temporaire d’utilisation auprès de la Haute Autorité de Santé (HAS). C’est dorénavant à cet organisme de se positionner pour que les patients français éligibles puissent avoir accès à cette innovation thérapeutique. La HAS se penche déjà sur la question puisqu’elle a sollicité plusieurs acteurs, dont France Alzheimer, pour contribuer à l’évaluation du Leqembi.

Il est cependant important de garder à l’esprit les limitations intrinsèques à l’arrivée de ce nouveau traitement. Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est aujourd’hui largement sous-évalué, à cause d’un arsenal thérapeutique faible, d’outils de diagnostic encore trop peu accessibles et d’une mauvaise connaissance du grand public vis-à-vis de cette pathologie.

« La décision de la Commission européenne doit maintenant pousser les pouvoirs publics à tout mettre en œuvre pour favoriser un diagnostic précoce », souligne le président de France Alzheimer et maladies apparentées, Joël Jaouen. « Plus la maladie est détectée tôt, meilleure sera la prise en charge. Et nous ne devons pas non plus oublier les personnes malades à un stade plus avancé, pour qui des solutions doivent également être trouvées ou consolidées dans le cas des interventions non médicamenteuses, indispensables dans le parcours de soins. »

Fidèle à sa mission principale, et puisqu’il n’existe toujours aucun traitement curatif, France Alzheimer et maladies apparentées continuera d’accompagner les personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer au quotidien et leurs aidants, quel que soit le stade de la maladie, grâce à son réseau de 101 associations départementales et à l’engagement de ses 2200 bénévoles.