10 avril 2025
L’apprentissage d’une langue étrangère : un rempart contre Alzheimer

L’apprentissage d’une langue étrangère, même à un âge avancé, présente de nombreux avantages. De récentes études suggèrent que cela pourrait jouer un rôle significatif dans la prévention de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées.

D’après de nombreuses études, l’apprentissage d’une langue étrangère, qui stimule plusieurs régions du cerveau dont celles impliquées dans la mémoire, serait un excellent rempart contre les maladies neuro-évolutives. Il permettrait même de retarder de plusieurs années le développement des symptômes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Plusieurs études évoquent quatre à cinq années. Une méta-analyse de 2018 publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease a également révélé que le bilinguisme réduirait le risque de développer la maladie d’Alzheimer de 20 à 50 %.

Réserve cognitive et plasticité neuronale

Ces résultats positifs s’expliquent par le concept de réserve cognitive, un mécanisme par lequel le cerveau utilise des réseaux neuronaux alternatifs pour compenser les éventuels dommages. Les processus cognitifs mobilisés par l’apprentissage d’une langue étrangère entraînent une neuroplasticité accrue, c’est-à-dire la capacité du cerveau à former de nouvelles connexions synaptiques.

Des recherches menées par l’Université d’Édimbourg ont montré que les individus qui parlent deux langues ou plus possèdent une densité de matière grise plus élevée dans certaines régions cérébrales, notamment l’hippocampe, qui est crucial pour la mémoire. L’augmentation de la matière grise est associée à une meilleure performance cognitive et à une plus grande résistance aux maladies neurodégénératives.

Ces divers résultats sont corroborés par des études de neuro-imagerie. Elles montrent des niveaux plus élevés d’activité cérébrale chez les personnes bilingues, même lorsqu’elles ne sont pas en train d’utiliser leur deuxième langue.

Outre la protection contre la maladie d’Alzheimer, l’apprentissage d’une langue étrangère offre d’autres avantages cognitifs et sociaux. Des études ont montré que les personnes bilingues ont une meilleure capacité à s’adapter à de nouvelles situations et à résoudre des problèmes complexes, ce qui peut être bénéfique dans de nombreux aspects de la vie quotidienne.

L’apprentissage d’une nouvelle langue permet également de maintenir un réseau social actif et diversifié, ce qui est un autre facteur clé dans la réduction des risques de déclin cognitif. Plusieurs études ont effectivement mis en avant que le lien social était un facteur protecteur contre les maladies neuro-évolutives. Participer à des cours de langue, à des groupes de conversation ou encore à des voyages linguistiques offrent ainsi des opportunités de socialisation, qui sont donc essentielles pour maintenir une bonne santé cognitive.

À tout âge

Et comme c’est le cas pour l’activité physique, il n’est jamais trop tard pour commencer à apprendre une nouvelle langue. Encourager cette pratique, même à un âge avancé, peut avoir des effets bénéfiques significatifs sur la santé cognitive des personnes.

Des méthodes adaptées peuvent rendre cet apprentissage accessible et agréable pour toutes les personnes âgées, même si elles ont des problèmes de mobilité. Si des applications existent, les cours en présentiel sont peut-être préférables parce qu’ils permettent de lutter contre l’isolement et de favoriser le lien social.