15 octobre 2024
La rose en chocolat, <br>madeleine de Proust solidaire de Thierry Constant

Le pâtissier-chocolatier Thierry Constant a confectionné et vendu, avec son fils, des roses en chocolat dans ses magasins dans le Puy-de-Dôme au profit de France Alzheimer. C’était une spécialité de son père, touché par la maladie d’Alzheimer.

La pâtisserie est une affaire de famille chez les Constant, dans le Puy-de-Dôme. Jean-Claude est le premier à s’être lancé. Son fils Thierry a repris le commerce et travaille aujourd’hui avec son propre fils.

En septembre, Thierry et son fils ont vendu des roses en chocolat au profit de France Alzheimer Puy-de-Dôme. «Mon père est touché par la maladie, il est aujourd’hui en établissement, et quand il était pâtissier, il adorait faire des roses en chocolat. C’était son décor préféré pour ses desserts. Depuis qu’il a Alzheimer, je me suis toujours dit que je devais faire quelque chose et j’ai monté cette opération pour l’association France Alzheimer de mon département.»

Ces roses en chocolat sont la madeleine de Proust de la famille. «C’est un symbole, oui. Mon père en faisait tous les jours. Moi, ça me replonge 30-40 ans en arrière, dans mon enfance. J’ai travaillé avec mon père, mes parents, pendant une quinzaine d’années. Il m’a transmis son savoir, sa passion. Il voulait tout le temps faire de la qualité et faire plaisir aux clients. Et aujourd’hui, je transmets cela à mon fils.»

Quand Thierry Constant et sa famille vont rendre visite à Jean-Claude en établissement, il lui amène des pâtisseries. C’est un moyen d’établir, de rétablir la communication. «Ça l’éveille et il en mange encore. Et pour la petite histoire, les anciens pâtissiers utilisaient toujours un peu d’alcool pour aromatiser leurs gâteaux, comme du rhum, du kirsch ou encore du Grand Marnier. Aujourd’hui, on n’en met plus trop. Les gens n’aiment plus trop ça. Et à chaque fois que l’on amène des gâteaux à mon père, il dit que c’est très bon, mais qu’il manque un petit quelque chose : une goutte de rhum dedans, parce que ça lui donnerait plus de parfum. Malgré la maladie, il a gardé son amour du métier, et le goût des pâtisseries. C’est très marquant.»

Avec son opération solidaire, Thierry Constant espère également avoir sensibilisé les personnes qui ont poussé les portes de l’un de ses magasins. «Effectivement, cette maladie reste taboue. Mon geste solidaire va permettre d’en parler, de dire à des clients qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils peuvent en parler et être aidés.»