Vers une imagerie cérébrale plus précise pour un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer
Sous champs hippocampiques et diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer
100 000 €
La Dre Chetelat et son équipe ont montré que certaines régions de l’hippocampe sont touchées très tôt dans la maladie d’Alzheimer, une découverte qui ouvre la voie à un diagnostic plus précoce et plus précis.
Aujourd’hui, les chercheurs explorent de nouvelles pistes pour améliorer un diagnostic encore trop tardif. En effet, le but est de repérer la maladie avant que les premiers symptômes surviennent. Parmi elles, l’imagerie cérébrale, une technique qui joue un rôle important pour observer le cerveau. Un biomarqueur est particulièrement étudié : l’hippocampe, une petite structure du cerveau essentielle à la mémoire. On sait que, dans la maladie d’Alzheimer, la taille de l’hippocampe a tendance à s’atrophier (diminuer de volume). Mais ce constat ne suffit pas. D’autres maladies peuvent aussi provoquer cette atrophie, rendant le diagnostic incertain à un stade précoce.
Dans ce projet soutenu par l’association France Alzheimer et maladies apparentées, la Dre Chetelat et son équipe ont décidé d’aller plus loin : plutôt que d’observer l’hippocampe dans son ensemble, ils ont étudié ses différentes régions appelées sous-champs.
L’hippocampe n’est pas une structure uniforme. Il est composé de plusieurs sous-parties, chacune jouant un rôle spécifique. Les chercheurs se sont particulièrement intéressés à l’une d’elles, appelée CA1.
Leurs travaux montrent que cette zone est l’une des premières touchées dans la maladie d’Alzheimer, parfois dès les premiers stades de troubles de la mémoire, appelés troubles cognitifs légers.
Grâce à des techniques d’imagerie haute résolution, l’équipe a pu observer ces sous-champs avec une grande précision. Résultat : analyser ces zones en détail permettrait de détecter la maladie plus tôt et de manière plus fiable qu’en mesurant simplement le volume global de l’hippocampe.
Mais ce n’est pas tout. Les chercheurs ont aussi étudié la manière dont ces sous-régions communiquent avec le reste du cerveau. Ils ont montré que ces réseaux sont perturbés très tôt dans la maladie, et que ces altérations sont liées aux difficultés de mémoire des patients.
Ce projet a permis de mieux comprendre comment la maladie d’Alzheimer affecte le cerveau, à la fois dans sa structure et dans son fonctionnement.
En identifiant des zones particulièrement vulnérables et des réseaux cérébraux altérés dès les premiers stades, ces travaux ouvrent la voie à des outils de diagnostic plus précoces et plus précis.
Au-delà des résultats scientifiques, cette recherche a aussi permis de renforcer durablement l’expertise de l’équipe en imagerie cérébrale de haute précision, et de poser les bases de futurs travaux sur l’évolution de la maladie.
