Vers un seul examen pour mieux diagnostiquer la maladie d’Alzheimer
La Dre Chetelat a montré qu’un examen d’imagerie déjà utilisé pour détecter les plaques amyloïdes pourrait fournir des informations supplémentaires sur le fonctionnement du cerveau et aider à mieux suivre l’évolution de la maladie d’Alzheimer.
Aujourd’hui, plusieurs examens d’imagerie cérébrale sont nécessaires pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer et suivre son évolution. Ce parcours peut être long, coûteux et contraignant pour les patients.
Dans ce projet, financé par l’association France Alzheimer et maladie apparentées, l’équipe de la docteure Chetelat a cherché à optimiser un examen déjà utilisé à l’hôpital :la TEP-AV45. L’objectif est de mieux exploiter les informations fournies par cet examen afin de simplifier le suivi des patients tout en améliorant la compréhension de la maladie.
La TEP6AV45 est principalement utilisée pour détecter les dépôts amyloïdes, l’un des marqueurs biologiques caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Mais les chercheurs ont montré qu’une autre phase de cet examen, appelée « phase précoce », pouvait également apporter des informations importantes sur le fonctionnement du cerveau et la neurodégénérescence, c’est-à-dire la perte progressive des neurones.
Les résultats montrent que cette phase précoce fournit des informations très proches de celles obtenues avec la TEP-FDG, l’examen de référence habituellement utilisé pour mesurer l’activité cérébrale. Cette avancée ouvre la voie à des examens plus simples et plus complexes, en limitant potentiellement le recours à plusieurs techniques d’imagerie.
L’équipe s’est également intéressée aux hypersignaux de la substance blanche, des lésions fréquemment observées dans le cerveau vieillissant et chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les résultats ont montré que ces lésions sont très diverses et qu’elles sont associées aux capacités cognitives, notamment la mémoire et l’attention.
En combinant plusieurs biomarqueurs issus de la TEP6AV45, l’équipe a également réussi à mieux distinguer les personnes sans troubles cognitifs, celles présentant un trouble cognitif léger et les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Cette approche permet aussi de mieux prédire les performances cognitives.
A terme, ces travaux pourraient contribuer à simplifier le parcours des patients, réduire les coûts des examens et limiter l’exposition à certains traceurs radioactifs utilisés en imagerie médicale. Ils illustrent aussi l’importance du soutien à la recherche pour développer des outils diagnostiques plus précis et plus accessibles.
La chercheuse a publié trois articles dont un qui n’est pas issu directement du projet. « Il illustre le réemploi de la mesure optimisée de phase précoce AV45 développée dans ce cadre, désormais intégrée à nos pipelines d’analyse pour d’autres travaux de l’équipe », explique Dre Chetelat.
