Vers un nouvel outil diagnostique pour détecter les formes anormales de la protéine Tau
Ampli TAU - Amplification cyclique de Tau pour le diagnostic de la Maladie d’Alzheimer
100 000 €
La Dre Bougard a adapté une méthode de détection très sensible pour repérer les formes anormales de la protéine Tau, afin de mieux étudier les mécanismes impliqués dans les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.
Les tauopathies regroupent plusieurs maladies neurodégénératives, dont la maladie d’Alzheimer. Elles sont caractérisées par l’accumulation anormale d’une protéine appelée Tau dans le cerveau. En s’agrégeant, cette protéine forme des amas toxiques qui perturbent progressivement le fonctionnement des neurones et contribuent à leur disparition.
Dans ce projet, soutenu par France Alzheimer, le Dre Bougard et son équipe ont cherché à adapter une technologie très sensible, appelée PMCA, afin de détecter ces formes anormales de la protéine Tau dont la concentration est extrêmement faible.
La méthode PMCA est déjà utilisée pour détecter une autre protéine pathologique, le prion. Son principe est de mettre une très faible quantité de protéine Tau anormale en présence d’une grande quantité de protéine Tau normale. Les protéines anormales servent alors de « modèle » et entraînent progressivement la transformation des protéines normales en nouveaux agrégats. Cette amplification permet de rendre détectables des quantités de protéine Tau pathologique qui seraient autrement invisibles.
Pour permettre au point cette méthode, les chercheurs ont d’abord développé plusieurs outils permettant d’observer et de mesurer avec précision les agrégats de Tau produits au cours de l’expérience. Ils ont également créé différents modèles biologiques fournissant la protéine Tau normale indispensable au bon fonctionnement de la technique.
Les essais réalisés sur des modèles de tauopathie chez la souris ont montré que la méthode PMCA était capable d’amplifier et de détecter spécifiquement certaines formes pathologiques de la protéine Tau.
L’équipe a ensuite appliqué cette approche à des échantillons de cerveau provenant de patients atteints de différentes tauopathies. Si ces premiers essais n’ont pas encore permis d’obtenir une détection fiable et reproductible des agrégats humains, ils ont mis en évidence des défis biologiques associées aux tauopathies et ont permis d’identifier des conditions expérimentales prometteuses.
Ces avancées ont également conduit à l’obtention d’un financement de l’Agence nationale de la recherche (ANR) pour un nouveau projet collaboratif de trois ans afin de poursuivre le développement de stratégies de détection des agrégats de Tau impliqués dans les tauopathies.
Un article citant l’aide de France Alzheimer est accepté pour publication dans « acta neuropathologica communication ».
