Une nouvelle technique d’imagerie pour mieux suivre les troubles de la mémoire

Imatau7 - Amyloïde and Tau PET Imaging coupled with 7T MRI in amnestic patients

100 000 €

Le Professeure Sarazin a utilisé une nouvelle technique d'imagerie cérébrale pour diagnostiquer les troubles progressifs de la mémoire.

La maladie d’Alzheimer est aujourd’hui la première cause des troubles progressifs de la mémoire, mais d’autres maladies peuvent également occasionner des troubles similaires. Il est important de distinguer ces différentes maladies pour proposer à chaque patient une prise en charge adaptée à sa pathologie. Pour cela, le professeur Marie Sarazin, de l’Unité de neurologie de la mémoire et du langage basée au Centre hospitalier Sainte-Anne (Paris), a mené un projet de recherche clinique utilisant une nouvelle technique d’imagerie cérébrale pour mieux diagnostiquer les causes de troubles progressifs de la mémoire.
Ce projet a combine deux technologies de pointe :
L’imagerie par résonance magnétique (IRM), qui permet d’observer la structure du cerveau.
La tomographie par émission de positons (PET scan), qui visualise à l’aide de traceurs spécifiques les dépôts anormaux de protéine tau et amyloïde, les deux principaux marqueurs biologiques la maladie d’Alzheimer.

À l’aide de l’imagerie cérébrale moléculaire (Pet scan dans cette étude), les chercheurs ont analysé la présence de protéines impliquées dans les maladies neurodégénératives, notamment la β-amyloïde et la protéine Tau. Bien que les patients présentent au départ des performances cognitives comparables et des atteintes cérébrales similaires, les examens ont révélé des profils biologiques distincts.

Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentaient des anomalies caractéristiques associées à une dégradation plus rapide de la mémoire et du langage au cours du suivi. À l’inverse, les patients ne présentant pas les marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer montraient une évolution différente, avec une atteinte plus marquée des régions frontales du cerveau.

L’étude a également montré que l’accumulation de protéine tau augmentait progressivement chez les patients Alzheimer, tandis qu’elle restait stable chez les autres patients. Ces résultats confirment que des mécanismes biologiques différents peuvent être à l’origine de troubles cliniques pourtant très proches.

Enfin, les travaux suggèrent qu’un traceur d’imagerie ( substance faiblement radioactive) utilisé pour détecter la protéine tau pourrait également contribuer au diagnostic de certaines formes de démences frontotemporales, des maladies neurodégénératives  plus rares affectant principalement le comportement ou le langage.

Ces avancées soulignent l’importance des biomarqueurs dans le diagnostic des maladies neurodégénératives et ouvrent la voie à une prise en charge plus personnalisée des patients.