Tout savoir sur le lien entre la consommation du sucre et la maladie d’Alzheimer ?

SUCRAL - Consommation des Sucres et Maladie d'Alzheimer

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La Dre Sylvaine Artero a exploré le lien entre alimentation et maladie d’Alzheimer en étudiant comment une consommation importante de sucres raffinés pouvait influencer le déclin cognitif et certains mécanismes biologiques associés à la maladie.

En 2020, France Alzheimer et maladies apparentées a mis en lumière les travaux de la chercheuse épidémiologiste Sylvaine Artero, consacrés aux liens entre la consommation de sucre et la maladie d’Alzheimer. Dans une interview publiée par l’association, elle revenait sur les enjeux de ce projet de recherche soutenu depuis 2017 et partageait les premières perspectives issues de ces travaux.

Des liens entre surconsommation de sucre et maladie d’Alzheimer ?

La Dre Artero avait indiqué que des premiers résultats « très intéressants » allaient bientôt être publiés, avant de lever une partie du voile. « Ces résultats montrent que consommer des aliments avec une charge glycémique élevée est un vrai facteur de risque de maladie d’Alzheimer. »

Aujourd’hui, ce projet a avancé. Où en est-il désormais ? Quels résultats ont été obtenus et quel impact pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer ?

Pour la première fois, des chercheurs ont étudié sur une longue durée (15 ans l’impact des glucides raffinés (pain blanc, pâtes, riz, sodas, pâtisseries…) dans une large population. Une approche qui combine des données sur l’alimentation, des analyses biologiques et de l’imagerie cérébrale, permettant de mieux comprendre ce qui se passe dans l’organisme bien avant l’apparition des symptômes.

Les résultats montrent qu’une alimentation riche en sucres à charge glycémique élevée augmente le risque de déclin cognitif et de maladie d’Alzheimer. Cet effet est encore plus marqué chez les personnes porteuses d’un facteur de risque génétique important, l’allèle APOE ε4.

Concrètement, ces habitudes alimentaires semblent affecter plus particulièrement la mémoire visuelle et la mémoire des événements vécus.

Les chercheurs ont également observé que ces effets apparaissent très tôt. Une consommation élevée de sucres modifie certains biomarqueurs dans le sang, en particulier les peptides amyloïdes, impliqués dans la maladie. Ces changements surviennent bien avant les premiers signes cliniques. Ces résultats ont été confirmé par une IRM cérébrale qui a montré une atrophie de l’hippocampe, région essentielle à la mémoire.

Mieux encore, au-delà des effets sur le cerveau, une consommation excessive de sucres simples semble aussi accélérer le vieillissement global de l’organisme et augmenter le risque de fragilité avec l’âge.

Ces travaux s’inscrivent dans une hypothèse de plus en plus étudiée : celle du rôle de la résistance à l’insuline dans le cerveau, parfois appelée « diabète de type 3 ». Ils renforcent ainsi l’idée que l’alimentation et le lien entre l’intestin et le cerveau jouent un rôle majeur dans le développement des maladies neurodégénératives.

Soutenu par France Alzheimer, ce projet a permis des avancées importantes pour la recherche. Il ouvre aujourd’hui des perspectives concrètes, à la fois pour la prévention — en encourageant de meilleures habitudes alimentaires — et pour le développement de nouvelles pistes thérapeutiques ciblant ces mécanismes.

Enfin, ces résultats ont été largement diffusés, aussi bien dans la communauté scientifique qu’auprès du grand public, contribuant à faire de la prévention nutritionnelle un enjeu central dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer.