REST : une protéine impliquée très tôt dans la maladie d’Alzheimer.

Le complexe REST : un régulateur de l’expression des gènes majeur dans la maladie d’Alzheimer

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Le docteur Florian a étudié une protéine essentielle au bon fonctionnement des neurones afin de mieux comprendre les mécanismes très précoces de la maladie d'Alzheimer, bien avant l'apparition des premiers symptômes.

Les premiers signes de la maladie d’Alzheimer apparaissent plusieurs années après le début des altérations biologiques qui touchent le cerveau comme l’accumulation des plaques amyloïdes entre autres.
Dans ce projet financé par France Alzheimer et maladies apparentées, le docteur Florian et son équipe se sont intéressés à REST, une protéine qui régule l’expression de nombreux gènes impliqués dans la mémoire et la protection des neurones. Leur objectif : déterminer comment cette protéine évolue au cours de la maladie d’Alzheimer et comprendre les conséquences de son dérèglement sur le fonctionnement cérébral.

En contrôlant l’expression de nombreux gènes, REST contribue au bon fonctionnement des neurones. Pour étudier son rôle dans la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont analysé l’hippocampe chez des souris modèles de la maladie à différents stades de leur vie. Leurs résultats montrent que la quantité de la protéine REST diminue dès l’âge de trois mois chez certaine souris atteintes, soit avant l’apparition des dépôts amyloïdes et des troubles de la mémoire. Cette découverte suggère que des perturbations biologiques importantes pourraient survenir très tôt alors même que la maladie ne présente encore aucun symptôme visible.

L’équipe a également étudié l’ensemble des protéines présentes dans le cerveau de ces animaux. Elle a mis en évidence des modifications précoces touchant plusieurs mécanismes impliqués dans la maladie. Certaines protéines liées à la production d’amyloïdes sont retrouvées en plus grande quantité, tandis que d’autres révèlent l’existence de dommage à l’ADN, signe d’une altération des systèmes de la protection des cellules.

Ces observations suggèrent que la maladie d’Alzheimer pourrait s’accompagner très tôt d’un dérèglement de l’expression des gènes et d’une fragilisation des mécanismes assurant la stabilité du génome.

Ce projet a permis de poser les bases de nouvelles recherches visant à mieux comprendre les modifications épigénétiques associées à la maladie d’Alzheimer. Les données obtenues ont déjà conduit au dépôt d’une pré-proposition de projet auprès de l’agence nationale de la recherche et pourrait permettre le financement d’une future thèse consacrée à ce sujet.

A terme, ces travaux pourraient contribuer à identifier de nouveaux marqueurs précoces de la maladie et ouvrir la voie à des stratégies destinées à ralentir son évolution avant l’apparition des premiers symptômes.