Renforcer la plasticité neuronale pour lutter contre la maladie d’Alzheimer
PIMA - Plasticité Interneuronale dans la Maladie d'Alzheimer
99 500 €
Le Docteure Verret s'est intéressée à des petites structures appelées PPN, indispensables pour établir des nouvelles connexions entre les neurones.
Notre capacité d’apprendre dépend de la plasticité du cerveau. Autrement dit, notre cerveau doit être capable de modifier sa structure chaque fois que nous sommes confrontés à une nouvelle situation. Un type de neurones joue un rôle clé dans cette plasticité cérébrale : les neurones à parvalbumine. Ils favorisent l’établissement de nouvelles connexions entre les neurones au niveau des synapses (zones de connexions entre les neurones), soutenant ainsi les mécanismes de l’apprentissage.
Ces neurones sont entourés de structures appelées PNN. Celles-ci empêchent la formation de nouvelles connexions, ce qui permet de stabiliser les souvenirs déjà acquis. À l’inverse, lorsque nous devons apprendre de nouvelles informations, ces PNN sont dégradés afin de permettre l’établissement de nouvelles synapses.
Dans ce projet, financé par France Alzheimer et maladies apparentées, le Dre Verret et son équipe ont voulu étudier le rôle de ces structures dans la maladie d’Alzheimer. Leur hypothèse était que l’accumulation des peptides β-amyloïdes, l’un des marqueurs biologiques de la maladie, favoriserait une production excessive de PNN.
Pour tester leur hypothèse, les chercheurs ont mené leurs travaux sur un modèle murin reproduisant les principales caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Les résultats ont révélé un phénomène inattendu : une diminution précoce des PNN autour des neurones à parvalbumine. Cette altération apparaît avant même les premiers troubles de la mémoire et avant que ces neurones ne soient eux-mêmes affectés. Cette découverte remet non seulement en question l’hypothèse de départ, mais suggère également que la perte des PNN pourrait constituer un événement très précoce dans le développement de la maladie.
Cette observation a conduit l’équipe à réorienter ses travaux. Plutôt que de chercher à dégrader ces structures, les chercheurs se sont demandé s’il était possible de les restaurer afin de protéger le fonctionnement du cerveau.
Ils ont ainsi démontré que le rétablissement de l’activité des neurones à parvalbumine est indispensable aux effets bénéfiques d’un environnement enrichi. Plus encore, une activation transitoire de ces neurones suffit à induire des améliorations durables des fonctions cognitives dans des modèles expérimentaux de la maladie d’Alzheimer.
Ce projet a ainsi posé les bases d’un programme de recherche qui se poursuit encore aujourd’hui. Il vise à développer de nouvelles stratégies capables de renforcer la résilience du cerveau face à la maladie d’Alzheimer.
