Pourquoi la maladie d’Alzheimer n’évolue-t-elle pas de la même façon d’une personne à l’autre ?

2CFaal - Aspects Cognitifs, Fonctionnels, Anatomiques et Comportementaux dans l’histoire naturelle de la démence Alzheimer. Une approche longitudinale multidimensionnelle par processus latents

50 000 €

La Docteure PROUST a visé de comprendre l'histoire naturelle de la maladie d'Alzheimer, en étudiant son "hétérogénéité" au sein des personnes malades.

La maladie d’Alzheimer est souvent associée aux troubles de la mémoire. Pourtant, les personnes atteintes ne présentent pas toutes la même évolution. Certaines conservent longtemps leur autonomie tandis que d’autres rencontrent plus rapidement des difficultés allant jusqu’à l’altération de leur vie quotidienne. De même, les symptômes observés peuvent varier d’un individu à l’autre.
Dans ce projet soutenu par l’association France Alzheimer, le docteure Proust et son équipe se sont particulièrement intéressés à cette « hétérogénéité ». En s’appuyant sur de grandes cohortes de population française suivies pendant de nombreuses années, les chercheurs ont tenté de mieux comprendre l’évolution de la maladie au cours du temps. Comme l’explique docteure Proust, l’objectif est de comprendre l’évolution de l’histoire naturelle de la maladie d’Alzheimer.

Longtemps, la maladie d’Alzheimer a été étudiée principalement à travers les troubles cognitifs. Or, elle touche également d’autres fonctions indispensables du cerveau : l’autonomie, l’humeur, ou encore certaines structures du cerveau comme l’hippocampe.

Dans cette perspective, les chercheurs ont développé de nouvelles approches d’analyses appliquées aux cohortes PAQUID (Personnes Agées QUID ?) et 3C (Trois Cités), Deux méthodes qui étudient le vieillissement cérébral normal et pathologique ainsi l’évolution des capacités fonctionnelles depuis plusieurs années chez des milliers de personnes âgées. Ces travaux ont notamment démontré que les symptômes dépressifs pouvaient influencer les résultats des évaluations cognitives. Cette observation souligne l’importance de prendre en compte l’état psychologique des personnes lors de l’interprétation des tests utilisés pour suivre l’évolution de la maladie.

Les études ont également confirmé le rôle du gène ApoE4, déjà identifié comme le premier facteur de risque génétique de la maladie d’Alzheimer.

L’un des résultats marquants de ce projet concerne l’évolution de la perte d’autonomie. En effet, cinq grands profils d’évolution ont été identifié, allant de personnes qui gardent leur autonomie jusqu’à l’âge avancé à d’autres présentant un déclin plus précoce et plus marqué.

Enfin, ce projet a permis d’explorer les liens entre les modifications observées dans le cerveau et leurs conséquences sur la capacités cognitives et fonctionnelles. Les chercheurs ont ainsi décrit comment l’atrophie cérébrale pouvait contribuer au déclin cognitif et à la perte d’autonomie à différents stades de la maladie.

En proposant une version plus globale de la maladie d’Alzheimer, ce projet a contribué à mieux comprendre la diversité chez les patients. Il a également donné lieu à d’autres travaux réalisés au sein de l’équipe de recherche pour appréhender les mécanismes impliqués dans cette diversité.