Mieux comprendre la maladie d’Alzheimer grâce à la « vie » des protéines

ADynamics - Impact of Alzheimer's disease on blood/CSF neuroproteome dynamics

100 000 €

Le professeur Hirtz a étudié les mécanismes de propagation des lésions amyloïdes dans le cerveau afin de mieux comprendre leur rôle dans l'évolution de la maladie d'Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer est une pathologie complexe et évolue lentement, sur plusieurs années. Elle implique de nombreux mécanismes biologiques encore mal compris. Aujourd’hui, un des grands défis de la recherche est de mieux comprendre comment ces différents phénomènes s’articulent dans le temps afin d’agir plus efficacement contre la maladie.

Dans ce projet, financé par l’association France Alzheimer et maladies apparentées, le professeur Christophe Hirtz et son équipe ont développé une approche innovante pour observer directement ce qui se passe dans l’organisme des patients, et notamment dans le cerveau.

Pour mieux comprendre la maladie, les chercheurs se sont intéressés aux protéines, des éléments essentiels au bon fonctionnement du cerveau. Leur objectif : suivre leur « cycle de vie ». Comment elles sont produites, circulent et sont éliminées.

Pour cela, les scientifiques ont utilisé une méthode appelée SILK (une technologie basée sur l’utilisation d’un marqueur non radioactif). Concrètement, un acide aminé “marqué” a été administré aux participants, puis les chercheurs ont suivi son apparition dans les protéines présentes dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien (le liquide qui entoure le cerveau).

Cette approche permet d’observer en temps réel le comportement des protéines chez l’être humain.

Grâce aux données obtenues, l’équipe a pu construire un modèle mathématique décrivant les échanges de protéines entre le cerveau et le reste du corps.

Les résultats montrent que toutes les protéines ne se comportent pas de la même manière. Certaines sont produites principalement dans le cerveau, d’autres dans le reste de l’organisme, et leurs échanges peuvent être modifiés en cas de maladie.

Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives importantes. Ils pourraient permettre d’identifier de nouveaux biomarqueurs pour diagnostiquer plus tôt la maladie d’Alzheimer, mais aussi de mieux comprendre les mécanismes en jeu et de développer, à terme, des thérapies ciblées.