Mieux comprendre la diffusion de la protéine Tau pour ralentir la maladie d’Alzheimer

HeparanEVAD - Deciphering the roles of Neural Heparan Sulfate in Extracellular Vesicles-mediated spreading of Tau pathology in Alzheimer’s Disease

100 000 €

Le Dr Kabani explore comment des sucres complexes présents dans les neurones pourraient favoriser la propagation de la protéine Tau pathologique dans le cerveau.

Les dépôts anormaux de la protéine Tau dans le cerveau est l’un des marqueurs biologiques principaux de la maladie d’Alzheimer. En effet, elle se propage de neurone en neurone et entraîne la formation d’amas toxiques associés au déclin cognitif. Comprendre comment cette propagation s’effectue constitue un enjeu majeur pour ralentir l’évolution de la maladie.

Dans ce projet, financé par l’association France Alzheimer et maladies apparentées, le Dr KABANI et son équipe se sont intéressés au rôle des vésicules extracellulaires, de minuscules capsules produites par les cellules, dans le transport des formes toxiques de Tau. Leur objectif était de mieux comprendre l’implication de sucres complexes appelés héparanes sulfate neuronaux dans ce processus de propagation.

Pour étudier ce mécanisme, l’équipe a développé des techniques permettant d’isoler des vésicules extracellulaires à partir de cerveaux de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de modèles murins. Grâce à des approches de biochimie et d’imagerie de haute précision, les chercheurs ont confirmé que ces vésicules contiennent non seulement des formes pathologiques de la protéine Tau, mais également des héparanes sulfate, des sucres spécifiques des neurones.

L’étude a également montré que des souris incapables de produire un type particulier d’héparane sulfate, en raison de l’inactivation d’une enzyme responsables de leur production développent beaucoup moins facilement une tauopathie après l’injection de vésicules extracellulaires issues de cerveaux atteints de la maladie d’Alzheimer. Ces résultats suggèrent que ces sucres jouent un rôle clé dans la propagation des formes toxiques de Tau au sein du cerveau.

Les travaux se poursuivent afin de mieux caractériser ces héparanes sulfate et de comprendre précisément comment ils interagissent avec la protéine Tau pathologique. À terme, cette recherche pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques reposant sur des anticorps ou des molécules capables de bloquer la diffusion de Tau et ainsi de ralentir la progression de la maladie.

À l’issue de cette étude, un article scientifique est en révision et un second est en cours de préparation.