Les microglies, des cellules du cerveau qui pourraient jouer un rôle clé dans la maladie d’Alzheimer

MicroMalz - Caractérisation de la diversité fonctionnelle des cellules microgliales dans le modèle APP/PS1 de la maladie d’Alzheimer

75 000 €

Le docteure Hirbec cherche à identifier les caractéristiques des différents types de microglies afin de mieux cibler les mécanismes impliqués dans l’évolution de la pathologie.

Pendant longtemps, la recherche sur la maladie d’Alzheimer s’est principalement intéressée aux neurones et aux plaques amyloïdes considérées comme l’un des principaux marqueurs biologiques. Aujourd’hui, les chercheurs s’intéressent aussi à d’autres cellules du cerveau : les microglies. Ce sont des cellules du système immunitaire qui jouent un rôle bénéfique mais aussi délétère dans la maladie d’Alzheimer.
Dans ce projet financé par l’association France Alzheimer et maladies apparentées, le docteur Hirbec et son équipe ont cherché à comprendre pourquoi certains microglies semblent protecteurs alors que d’autres pourraient contribuer aux effets négatifs de la maladie. L’objectif est d’identifier les caractéristiques de ces différents types de microglies afin de mieux cibler les mécanismes impliqués dans l’évolution de la pathologie.

Les microglies sont des cellules particulièrement sensibles à leur environnement. Les méthodes habituellement utilisées pour les isoler peuvent modifier leur état et rendre difficile l’étude de leur fonctionnement réel dans le cerveau malade.

Pour contourner cette difficulté, les chercheurs ont développé sur un modèle murin (capable de reproduire certaines caractéristiques de la maladie d’Alzheimer chez l’humain) une méthode combinant la microdissection laser et l’analyse des gènes exprimés par les cellules. Cette approche leur a permis d’étudier séparément les microglies situées juste autour des plaques amyloïdes et celles présentes plus loin dans le tissu cérébral, sans perturber leur état naturel.

Les résultats obtenus montrent que la proximité des plaques amyloïdes est un élément majeur qui influence l’activité des microglies. Les cellules situées au contact des plaques présentent un profil différent de celles qui en sont éloignées, parfois même davantage que selon le stade d’avancement de la maladie.

L’étude suggère que ces deux populations de microglies pourraient avoir des fonctions différentes. Celles qui entourent les plaques amyloïdes pourraient participer à une perte des connexions entre les neurones, alors que celles situées à distance semblent davantage impliquées dans l’élimination des dépôts amyloïdes.

Les chercheurs ont également observé des modifications de l’activité des microglies très tôt dans la maladie, avant même l’apparition des troubles comportementaux les plus marqués chez les animaux étudiés. Parmi les gènes identifiés, Clec7a a particulièrement attiré leur attention. Son activité augmente progressivement au cours de la maladie et fait aujourd’hui l’objet d’un nouveau projet visant à comprendre précisément son rôle.

Ces résultats permettent de mieux distinguer les différentes populations de microglies présents dans la maladie d’Alzheimer. À terme, cette meilleure connaissance pourrait aider à développer des approches thérapeutiques capables de limiter les effets délétères de certains microglies tout en conservant leurs fonctions bénéfiques pour le bon fonctionnement du cerveau.