Les « gouttelettes » de protéine Tau : une nouvelle piste pour freiner la maladie d’Alzheimer!
NanoLIPS - Modulation of tau condensate formation with anti-tau specific nanobodies
25 675 €
Les chercheurs ont utilisé des petits anticorps appelés nanobodies pour mieux comprendre les étapes précoces, encore mal comprises, de l'agrégation de la protéine Tau.
Dans la maladie d’Alzheimer et certaines maladies apparentées, la protéine Tau s’accumule progressivement à l’intérieur des neurones sous forme de filaments toxiques. Ces dépôts perturbent leur fonctionnement, entraînant notamment des troubles de la mémoire et des difficultés de locomotion. Mais avant de former ces filaments, Tau passe par plusieurs étapes encore mal comprises.
Grâce au soutien de l’association France Alzheimer et maladies apparentées, ce projet porté par le Dr Danis avait pour objectif de mieux comprendre l’une de ces étapes précoces afin d’identifier de nouvelles pistes pour empêcher l’agrégation de la protéine Tau.
Des travaux récents ont montré que la protéine Tau, modélisée dans des tubes à essai, peut former, dans certaines conditions, de petites gouttelettes au sein des cellules. Ces structures, comparables à des gouttes d’eau qui se séparent temporairement du reste du liquide, rapprochent les protéines Tau les unes des autres et pourraient favoriser la formation des filaments toxiques observés dans la maladie d’Alzheimer.
Pour étudier ce phénomène, les chercheurs ont utilisé des nanobodies, de très petits anticorps dérivés des camélidés (lamas, dromadaires ou chameaux). Leur taille leur permet de se fixer avec précision sur différentes régions de la protéine Tau afin d’observer leur rôle dans la formation de ces gouttelettes.
Les résultats obtenus montrent que certains nanobodies modifient effectivement la formation de ces structures. L’un d’eux, en se liant à une région centrale de la protéine Tau, est même capable d’empêcher leur apparition. Les chercheurs ont ainsi pu identifier une zone de Tau qui semble essentielle à ce mécanisme.
Ce « nanobody » constitue désormais un nouvel outil de recherche pour étudier le rôle des gouttelettes dans des modèles cellulaires plus complexes. À terme, ces travaux pourraient contribuer à mieux comprendre les premières étapes de l’agrégation de Tau et à identifier de nouvelles cibles pour limiter la formation des filaments associés aux maladies neurodégénératives.
