La pathologie Tau peut-elle être aggravée par le stress et l’inflammation ?

StressMINDTAU - Dissection du rôle du récepteur aux glucocorticoïdes microgliale et neuronale dans la pathologie Alzheimer induit par P30ILtau

80 000 €

La Docteure Vyas a montré que les hormones du stress agissent sur les neurones et les cellules immunitaires du cerveau pour accélérer les mécanismes liés à la maladie d'Alzheimer.

Le stress quotidien peut avoir de nombreux effets néfastes qui favorisent le développement de certaines maladies. Dans la maladie d’Alzheimer, le stress accélère l’apparition des plaques amyloïdes et aggrave les troubles cognitifs. Une exposition prolongée au stress serait étroitement liée à la neuroinflammation présente dans le cerveau des animaux malades. Les glucocorticoïdes sont des médiateurs de la réponse au stress et sont connus pour induire des réponses anti-inflammatoires. En cas de stress chronique, les glucocorticoïdes s’accumulent dans les neurones et perdent ces fonctions bénéfiques. Des études précédemment menées par l’équipe de la Dre Vyas (Département Neurosciences Paris Seine) ont montré que le stress était directement associé à l’accumulation des agrégats de Tau dans les neurones.

Dans ce projet la chercheuse et son équipe visaient à comprendre comment le stress favorise les altérations cérébrales liées à la protéine Tau, impliquée dans la maladie d’Alzheimer, et plus particulièrement le rôle du récepteur aux glucocorticoïdes (GR), une molécule qui permet aux cellules de répondre aux hormones du stress.

Les chercheurs montrent que ce récepteur joue un rôle central, aussi bien dans les neurones que dans les microglies, les cellules immunitaires du cerveau. Lorsqu’il est supprimé dans l’un ou l’autre de ces types cellulaires, les troubles de la mémoire et les comportements anxieux provoqués par un stress chronique sont fortement atténués. Ce résultat est particulièrement marquant pour les microglies, dont l’implication dans les effets du stress était jusqu’à présent peu connue.

Le stress chronique entraîne habituellement une diminution des épines dendritiques, de minuscules structures qui permettent aux neurones de communiquer entre eux. Cette perte de connexions est souvent associée à une baisse des capacités cognitives. Les chercheurs montrent qu’elle est évitée lorsque le récepteur aux glucocorticoïdes est absent des neurones ou des microglies. Ils mettent également en évidence, pour la première fois, que ce récepteur contribue au maintien normal de ces connexions, même en l’absence de stress.

L’étude révèle aussi que le stress favorise l’accumulation de la protéine Tau et la formation de ses agrégats pathologiques. Cet effet disparaît lorsque le récepteur est supprimé dans les neurones et est fortement modifié lorsqu’il l’est dans les microglies. Ces observations suggèrent que les microglies pourraient participer à l’élimination des agrégats de Tau produits sous l’effet du stress.

Enfin, les analyses montrent que le récepteur aux glucocorticoïdes régule de façon complexe la réponse inflammatoire du cerveau, avec certaines différences entre les mâles et les femelles.

Dans leur ensemble, ces travaux mettent en lumière le rôle essentiel des récepteurs aux hormones du stress dans les neurones et les microglies. En expliquant comment le stress chronique favorise les troubles de la mémoire, la perte des connexions entre neurones et l’aggravation de la pathologie Tau, ils ouvrent de nouvelles perspectives pour mieux comprendre l’impact du stress sur les maladies neurodégénératives et, à terme, identifier de nouvelles pistes thérapeutiques.