Identifier les facteurs génétiques impliqués dans la maladie d’Alzheimer

BIN1-MODEL - Caractérisation et sauvetage du premier modèle mammifère d'Alzheimer à début tardif lié au gène BIN1

99 000 €

Le Dr Laporte et son équipe étudient le rôle du gène BIN1, un facteur génétique de la maladie d’Alzheimer, afin de mieux comprendre son influence sur les mécanismes de la maladie.

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées sont les principales causes de troubles neurocognitifs majeurs.

Ce projet s’intéresse au gène BIN1, identifié comme l’un des principaux facteurs génétiques associés aux formes tardives de la maladie d’Alzheimer. Ce gène pourrait donc jouer un rôle important dans le développement de la maladie, mais son implication exacte dans le cerveau reste encore à préciser.

Pour mieux comprendre ce rôle, l’équipe de recherche a étudié un nouveau modèle de souris dites « humanisées », c’est-à-dire porteuses de la version humaine du gène BIN1. Ce modèle permettra d’observer comment BIN1 agit dans le cerveau et s’il influence l’apparition ou l’évolution de signes associés à la maladie d’Alzheimer.
Les chercheurs ont également testé différentes façons de modifier l’activité de BIN1, seul ou en lien avec d’autres acteurs majeurs de la maladie comme les protéines APP (précurseur du β-amyloïde) et Tau. L’objectif est de déterminer si agir sur BIN1 peut réduire certains mécanismes pathologiques observés dans la maladie d’Alzheimer.

Les résultats montrent qu’une surexpression de BIN1 peut entraîner des troubles de la mémoire chez la souris et perturber le développement des prolongements des neurones, qui leur permettent de communiquer entre eux. L’équipe a également observé que lorsque BIN1 est surexprimé dans un modèle présentant déjà une accumulation anormale de Tau, les effets délétères sur la mémoire sont renforcés.

Certaines analyses ont dû être adaptées au cours du projet, notamment en raison de la complexité des croisements entre modèles animaux et du temps nécessaire pour étudier les souris à différents âges. Les chercheurs se sont concentrés sur deux moments clés : un âge précoce, où les premiers signes apparaissent, et un âge plus avancé, afin de mieux caractériser l’évolution des troubles.

Les travaux se poursuivent pour comprendre plus précisément les mécanismes cellulaires impliqués et déterminer si, à l’inverse, réduire l’activité de BIN1 pourrait atténuer les effets liés à Tau. Ces résultats suggèrent que BIN1 pourrait jouer un rôle important dans l’aggravation de certains mécanismes associés à la maladie d’Alzheimer et représenter une piste de recherche pour de futures stratégies thérapeutiques.