Des vésicules extracellulaires potentiellement impliquées dans la maladie d’Alzheimer
Exo APP - Transfert exosomal de l’APP et de ses fragments entre les neurones : démonstration et effets physiologiques
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Le Pr Sadoul a étudié le rôle des exosomes, de petites vésicules produites par les cellules, dans la propagation des protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau afin de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la progression de la maladie d’Alzheimer.
L’accumulation progressive du peptide β amyloïde (Aβ), à l’origine des plaques amyloïdes est considéré comme l’un des marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer. Si ces dépôts apparaissent peu à peu dans différentes régions cérébrales, les mécanismes qui expliquent leur propagation restent encore mal connus.
Dans ce projet, soutenu par France Alzheimer, le Pr Sadoul et son équipe se sont intéressés au rôle que pourraient avoir les exosomes dans cette propagation. Ces minuscules vésicules secrétées par les cellules dont les neurones permettent d’évacuer des déchets potentiellement toxiques vers le milieu extracellulaire. Ils contribuent également à la communication entre les cellules en permettant le transport des protéines et des lipides entre les cellules.
Dans cette étude, les chercheurs montrent que les exosomes transportent la protéine APP, précurseur du peptide β amyloïde (Aβ). Ces vésicules contenant l’APP peuvent être captées par d’autres neurones où elles pénètrent jusqu’au endosomes, des compartiments dans lesquels s’effectue la transformation de la protéine APP en peptide β amyloïde.
Dans la maladie d’Alzheimer, le fonctionnement de ces endosomes, vital à la fonction des neurones est perturbé par l’accumulation des fragments d’APP dont le peptide β amyloïde. Pour limiter cette accumulation, les neurones évacuent ces protéines en augmentant la production d’exosomes.
Ce mécanisme pourrait toutefois paradoxal. En effet, le neurone protège son propre fonctionnement en exportant ces protéines, mais les exosomes peuvent être ensuite captés par d’autres neurones où leur contenu s’accumule à son tour compromettant ainsi la fonction des neurones receveurs.
Les chercheurs avancent ainsi l’hypothèse que ce mécanisme bénéfique à l’échelle d’un neurone pourrait contribuer à la propagation progressive des plaques amyloïdes et aux altérations observées dans la maladie d’Alzheimer.
