Comprendre L’anosognosie dans les maladies neurodégénératives

L'anosognosie dans les maladies neurodégénératives : l'hypothèse d'une déconnection entre émotion et "self-monitoring"

100 000 €

Le Dr Koechlin et son équipe cherchent à mieux comprendre l’anosognosie, un trouble qui empêche certaines personnes atteintes de maladies neurodégénératives de percevoir leurs propres difficultés.

Une personne peut ne pas percevoir ses pertes de mémoire, ses changements de comportement ou les difficultés qu’elle rencontre au quotidien. Ce phénomène, appelé anosognosie, est fréquent dans la maladie d’Alzheimer et la démence fronto-temporale, et peut rendre l’accompagnement plus complexe pour les proches comme pour les professionnels.

Ce projet cherche à mieux comprendre pourquoi certaines personnes ne parviennent plus à reconnaître leurs difficultés. L’équipe de recherche s’intéresse en particulier au lien entre deux grands systèmes du cerveau : celui qui permet de surveiller ses propres actions et son comportement, et celui qui traite les émotions. L’hypothèse est qu’une mauvaise communication entre ces deux systèmes pourrait empêcher la personne malade de percevoir correctement ses troubles.

Les chercheurs étudieront notamment le rôle du cortex orbito-frontal droit, une région du cerveau impliquée dans l’évaluation de soi, les émotions et l’adaptation du comportement. Cette région pourrait être altérée dans la maladie d’Alzheimer et la démence frontotemporale, perturbant ainsi la capacité des patients à prendre conscience de leur état.

Le projet n’a pas pu atteindre ses objectifs expérimentaux initiaux, principalement en raison de moyens financiers insuffisants pour réaliser les examens prévus, notamment en neuro-imagerie et en électrophysiologie. Ces limites ont empêché l’équipe d’avancer comme prévu sur l’étude directe des mécanismes cérébraux de l’anosognosie.

Malgré ces difficultés, l’équipe a valorisé le projet en développant une nouvelle collaboration autour des interfaces cerveau-machine. Ces technologies permettent d’analyser l’activité cérébrale, notamment grâce à l’électroencéphalographie, et pourraient être utilisées pour proposer des formes de rééducation cognitive par neurofeedback. Ce principe consiste à aider le patient à modifier ou renforcer certaines activités cérébrales grâce à un retour en temps réel.

Les chercheurs souhaitent désormais adapter ces approches aux personnes atteintes de maladies neurodégénératives, en particulier celles présentant une anosognosie. Cette nouvelle orientation ouvre des perspectives autour de la santé numérique et de la neuroréhabilitation, avec l’objectif, à plus long terme, de mieux accompagner les patients et de soutenir leurs capacités d’adaptation.