Comment la qualité du sommeil pourrait-elle avoir un impact dans la maladie d’Alzheimer ?

SOMALZH - Vers une meilleure compréhension de l’impact de la qualité du sommeil sur les atteintes cérébrales et cognitives au stade préclinique de la maladie d'Alzheimer

100 000 €

La Dre Géraldine Rauchs a exploré le rôle du sommeil dans la maladie d’Alzheimer afin de déterminer si certaines perturbations du sommeil pouvaient constituer des signes précoces de la maladie et mieux comprendre leur impact sur la mémoire et la santé du cerveau.

Si les troubles de sommeil sont très fréquents dans la maladie d’Alzheimer et surviennent dès les premiers stades, des études récentes suggèrent qu’un sommeil de mauvaise qualité pourrait également favoriser l’apparition des lésions typiques de la maladie.

Ce projet vise donc de mieux comprendre le lien entre sommeil et maladie d’Alzheimer.
« Cette étude permettrait de mettre en avant l’importance de la qualité du sommeil afin de réduire les risques de développement de la maladie d’Alzheimer », avait expliqué Dre Géraldine Rauchs, porteuse du projet, dans une interview accordée à France Alzheimer.

Dans un premier temps, l’équipe s’est intéressée au sommeil lent profond, une phase essentielle pour la récupération physique et la mémoire. Certains résultats avancent qu’il participerait à une sorte de « nettoyage » du cerveau, en aidant à éliminer des substances toxiques associées à la maladie d’Alzheimer, comme le peptide bêta-amyloïde. Pourtant, les résultats obtenus ici nuancent cette idée : aucune relation claire n’a été observée entre l’évolution de ce sommeil avec l’âge et l’accumulation de cette protéine. Un résultat important, qui remet en question certaines études antérieures menées sur des échantillons plus restreints.

Les chercheurs se sont ensuite intéressés au rôle du sommeil dans la consolidation de la mémoire, c’est-à-dire la manière dont les souvenirs récents sont stabilisés pour être retenus à long terme. Si ce phénomène est bien établi chez les jeunes adultes, il reste plus flou chez les personnes âgées.

Pour mieux comprendre, les participants ont réalisé un test de mémoire le soir, avant d’être réévalués le lendemain matin après une nuit de sommeil analysée en laboratoire. Les enregistrements ont permis d’observer l’activité cérébrale pendant le sommeil, notamment les échanges entre l’hippocampe et d’autres zones du cerveau. Résultat : une meilleure coordination entre ces régions, même au repos, est associée à une consolidation plus efficace des souvenirs pendant la nuit.

Enfin, une seconde étude s’est focalisée sur le sommeil paradoxal, une phase déjà connue pour être altérée très tôt dans la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont constaté que lorsque l’activité cérébrale spécifique à cette phase diminue, cela s’accompagne d’une présence plus importante de marqueurs de la maladie, ainsi que de modifications dans des zones du cerveau impliquées dans la mémoire.

Dans l’ensemble, ces travaux montrent que les liens entre sommeil, santé cérébrale et risque de maladie d’Alzheimer sont complexes et encore loin d’être totalement compris.