Comment la protéine Tau accélère-t-elle la progression de la maladie d’Alzheimer ?

Tau intercellular spreading - Mechanisms of intercellular propagation of tau aggregates: role of tunneling nanotubes and possible therapeutic approaches

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La Dre Zurzolo et son équipe ont mis en lumière un mécanisme qui permet à la protéine Tau de se propager de neurone en neurone, une découverte qui ouvre de nouvelles pistes pour ralentir l'évolution de la maladie d'Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer est caractérisée par un déclin progressif des facultés cognitives et de la mémoire. Parmi les mécanismes impliqués dans son évolution figure la propagation, d’une cellule à l’autre, des agrégats de la protéine Tau.

Grâce au financement de France Alzheimer, l’équipe de la Dre Zurzolo a cherché à mieux comprendre les mécanismes qui favorisent cette propagation dans le cerveau. L’objectif est d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques capables de ralentir, voire d’empêcher, la progression de la maladie.

Cette étude a permis de mieux comprendre comment une protéine anormale, Tau, se propage d’une cellule nerveuse à une autre au cours des maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer. Les résultats suggèrent que cette protéine favorise sa propre propagation en échappant aux mécanismes naturels d’élimination de la cellule et en empruntant de fines structures  entre les cellules, appelées nanotubes tunneliers (TNT).

L’équipe de recherche poursuit actuellement ces travaux afin de mieux comprendre le comportement des différentes formes de Tau dans les neurones. À terme, ces recherches pourraient contribuer au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à ralentir, voire empêcher, la progression de la maladie.

Par ailleurs, les résultats préliminaires indiquent qu’une protéine appelée Eps8 pourrait jouer un rôle important dans la formation des nanotubes tunneliers. Des expériences complémentaires sont actuellement en cours afin de confirmer cette hypothèse.

Les travaux montrent également que les agrégats de Tau produits par les cellules peuvent se propager d’une cellule à l’autre de plusieurs façons : ils favorisent la formation de nouveaux agrégats, échappent aux mécanismes cellulaires chargés de les éliminer et sont directement transférés grâce aux nanotubes tunneliers.

Ces résultats, récemment publiés dans EMBO Molecular Medicine, apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes de la propagation de la maladie.

L’équipe a également obtenu des résultats similaires avec une autre protéine impliquée dans la maladie de Parkinson, l’α-synucléine.

Cela suggère que plusieurs maladies neurodégénératives pourraient partager des mécanismes communs de propagation, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.

Enfin, les résultats de ce projet ont contribué à l’obtention d’un nouveau financement de France Alzheimer en 2021, permettant à l’équipe de poursuivre ses recherches.