Cibler les lysosomes, acteurs de l’accumulation d’amyloïde dans le cerveau

LysoAbeta - Relevance de la dynamique endo-lysosomale dans le métabolisme du peptide Aβ.

50 000 €

Le Docteur VAN NIEL a étudié le rôle que jouent les lysosomes, des compartiments cellulaires chargés d'éliminer les molécules inutiles, dans l'accumulation du peptide amyloïde.

Le développement de la maladie d’Alzheimer est associé à une accumulation, dans le cerveau, d’une molécule toxique appelée peptide amyloïde bêta (Aß) qui altère le fonctionnement des neurones. Cherchant à mieux comprendre les mécanismes responsables de cette accumulation anormale de Aβ au niveau des neurones, l’équipe de Guillaume van Niel à l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris concentre ses recherches sur le rôle joué par les lysosomes. Ces petits compartiments présents à l’intérieur des cellules agissent comme une déchetterie, en dégradant toutes les molécules « inutiles », comme les peptides Aβ.

L’équipe parisienne a montré que les lysosomes sont capables non seulement de dégrader mais aussi de produire le peptide Aß. Ainsi, en étudiant l’activité des lysosomes dans les neurones grâce à des plusieurs techniques d’imagerie cellulaire, le Dr van Niel espérait identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour stopper la production de ce peptide toxique par les lysosomes ou pour en accélérer la dégradation.

Grâce à ce financement, les chercheurs ont mis en évidence un nouveau rôle des lysosomes, les « centres de recyclage » des cellules. Ils ont découvert que ces organites sont un lieu clé de production du peptide amyloïde bêta, une molécule impliquée dans la maladie d’Alzheimer. Leur étude montre qu’en agissant sur certains lipides présents dans les lysosomes, il est possible de modifier le fonctionnement de la machinerie cellulaire responsable de cette production. Cette stratégie permet de réduire la formation du peptide amyloïde bêta sans favoriser son accumulation à l’extérieur des cellules. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour développer des approches thérapeutiques plus ciblées contre la maladie d’Alzheimer.

Par ailleurs, les molécules utilisées par l’équipe pour moduler le fonctionnement des lysosomes font déjà l’objet d’un intérêt croissant dans la communauté scientifique, renforçant ainsi le potentiel d’application de ces travaux.