De nouvelles pistes génétiques pour renforcer les connexions neuronales impactées dans la maladie d’Alzheimer
EPIAD - Altérations épigénétiques dans la maladie d’Alzheimer : vers de nouvelles pistes thérapeutiques
100 000 €
La Dre Anne-Laurence Boutillier cherche à comprendre comment les dérèglements de l’activité des gènes participent au développement de la maladie d’Alzheimer et si ces mécanismes pourraient constituer de nouvelles pistes thérapeutiques.
La plasticité neuronale correspond à la capacité du cerveau à créer, modifier ou réorganiser les réseaux de neurones en réponse à de nouveaux apprentissages ou à de nouvelles expériences. Cette capacité diminue avec le vieillissement et se trouve fortement altérée chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les mécanismes impliqués reposent notamment sur la régulation de certains gènes, eux-mêmes contrôlés par des mécanismes épigénétiques, c’est-à-dire une « couche » d’informations complémentaires qui influence la manière dont ces gènes vont être utilisés par les cellules en fonction du contexte.
Le projet de recherche mené par la Dre Anne-Laurence Boutillier et son équipe a visé à mieux comprendre ces mécanismes et à étudier la possibilité de les réactiver afin de restaurer la plasticité neuronale dans un modèle de la maladie d’Alzheimer.
Les chercheurs ont travaillé sur un modèle murin reproduisant une tauopathie, c’est-à-dire une accumulation anormale de la protéine Tau, considérée comme l’un des marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer. Les résultats ont montré que l’activation d’une protéine appelée CBP/p300, impliquée dans la régulation de l’activité des gènes, permet de réactiver l’expression de gènes associés à la plasticité des neurones. Cette approche améliore également les capacités de mémoire des souris, malgré la persistance de la pathologie Tau. L’étude montre ainsi qu’une modulation épigénétique peut permettre de restaurer certaines fonctions cognitives dans un modèle expérimental de la maladie.
L’équipe a également mis en évidence un lien entre les perturbations du métabolisme du cholestérol et les modifications de l’activité des gènes dans les neurones. Les chercheurs ont observé que la production de cholestérol diminue dans l’hippocampe, une région du cerveau essentielle à la mémoire. Cette diminution s’accompagne de modifications dans le fonctionnement de certains gènes et pourrait contribuer au dysfonctionnement progressif des neurones au cours de la maladie.
Etudier ces différents mécanismes constitue une étape importante pour mieux comprendre le développement de la maladie d’Alzheimer et identifier de nouvelles pistes thérapeutiques, notamment chez les personnes âgées, chez qui les dérégulations du métabolisme du cholestérol sont plus fréquentes.
