Identifier de nouvelles cibles thérapeutiques dans les phases précoces de la maladie d’Alzheimer

AstroProtect - Le canal TRPA1 astrocytaire comme nouvelle cible thérapeutique neuroprotectrice dans les phases précoces de la maladie d’Alzheimer

La Dre Albrieux cherche à comprendre comment une protéine présente à la surface des cellules de soutien du cerveau pourrait être impliquée dans les premiers stades de la maladie d'Alzheimer.

On sait aujourd’hui que la maladie d’Alzheimer commence à se développer plus de 15 ans avant l’apparition des premiers symptômes. Durant cette longue période « silencieuse », le cerveau subit déjà des modifications qui favorisent progressivement l’apparition de la maladie. Intervenir à ce stade représente une piste pour développer des traitements capables de ralentir son évolution avant que les lésions ne deviennent irréversibles.

Ce projet financé par l’association, mené par l’équipe de Mireille Albrieux au Grenoble Institut des neurosciences (GIN), s’est intéressé au rôle du canal TRPA1, une protéine présente à la surface des astrocytes. Ces cellules, longtemps considérées comme de simples cellules de soutien, jouent en réalité un rôle essentiel dans le fonctionnement et la survie des neurones.

Les chercheurs ont émis l’hypothèse que TRPA1 pourrait être impliqué dans l’hyperactivité des neurones observée aux premiers stades de la maladie. Pour le vérifier, ils ont testé chez un modèle de souris reproduisant les caractéristiques de la maladie d’Alzheimer chez l’humain une molécule capable de bloquer l’activité de ce canal, administrée dès la phase prodromique de la maladie.

L’un des premiers changements observés dans la maladie d’Alzheimer est une hyperactivité des neurones de l’hippocampe, une région du cerveau essentielle à la mémoire et parmi les premières touchées par la maladie. Cette hyperactivité est associée à de légers troubles de la mémoire et apparaît bien avant les symptômes caractéristiques de la maladie.

Les résultats montrent que le blocage de TRPA1 permet de restaurer plusieurs altérations observées au cours de la maladie. Cette approche protège notamment les neurones des effets toxiques du peptide amyloïde-β et préserve leur fonctionnement. Les chercheurs ont également constaté une amélioration de plusieurs indicateurs de la maladie, confirmant ses effets bénéfiques à différents niveaux, du fonctionnement des cellules nerveuses jusqu’au comportement des animaux. Surtout, chez les souris traitées dès les premiers stades de la maladie, cette stratégie a empêché l’apparition des troubles de la mémoire habituellement observés au stade symptomatique.

Ces travaux confirment le rôle du canal TRPA1 dans les mécanismes précoces de la maladie d’Alzheimer et renforcent l’intérêt de le cibler pour développer de futures stratégies de neuroprotection destinées à préserver les neurones dès les premières étapes de la maladie.