Quand le stress favorise les troubles de la mémoire dans la maladie d’Alzheimer
STRESSandAD - Rôle du Stress dans les Mécanismes Pathologiques Précoces de la Maladie d’Alzheimer
75 000 €
La Dre Marie et son équipe ont mis en évidence que les protéines amyloïdes et les hormones du stress agissent ensemble pour perturber les mécanismes de la mémoire dès les premiers stades de la maladie d'Alzheimer.
Dans la maladie d’Alzheimer, les premiers troubles apparaissent souvent au niveau de la mémoire. Ces difficultés sont liées au mauvais fonctionnement de l’hippocampe, une région du cerveau essentielle à la mémorisation. Depuis plusieurs années, les chercheurs s’interrogent sur le rôle de l’accumulation du peptide amyloïde bêta (Aβ) dans ce processus.
Dans ce projet, financé par l’association France Alzheimer et maladies apparentées, les chercheurs ont voulu comprendre si cette accumulation d’Aβ agit en lien avec une autre anomalie observée très tôt dans la maladie : l’augmentation du cortisol, l’hormone du stress.
Pour explorer cette hypothèse, les scientifiques ont étudié le fonctionnement des synapses, les zones de communication entre les neurones, dans l’hippocampe de souris modèles de la maladie d’Alzheimer. Grâce à des techniques de pointe combinant imagerie en temps réel, électrophysiologie et analyses de la mémoire, ils ont observé comment les oligomères d’Aβ, une forme particulièrement toxique de la protéine amyloïde, interagissent avec les récepteurs des glucocorticoïdes, les récepteurs activés par les hormones du stress.
Les résultats montrent que l’Aβ modifie rapidement l’activité de ces récepteurs au niveau des synapses. Cette interaction perturbe la plasticité synaptique, un mécanisme indispensable à l’apprentissage et à la formation des souvenirs. Plus précisément, les chercheurs ont démontré que l’activation des récepteurs du stress est nécessaire pour qu’Aβ altère certains mécanismes de mémorisation dans l’hippocampe.
En bloquant ces récepteurs, ils ont réussi à empêcher une partie des effets toxiques de l’Aβ sur les connexions neuronales. Ces travaux renforcent donc l’idée qu’un excès d’hormones du stress pourrait aggraver précocement les troubles de la mémoire dans la maladie d’Alzheimer.
Cette découverte ouvre de nouvelles pistes de recherche pour mieux comprendre l’origine de la maladie et envisager, à terme, des approches thérapeutiques ciblant à la fois les protéines amyloïdes et les mécanismes liés au stress.
