Et si tout commençait avant même l’accumulation des plaques amyloïdes ?
C99 - Le fragment C99, un acteur précoce dans l'étiologie de la maladie d'Alzheimer
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Le docteur Pardossi- Piquard a exploré le rôle du fragment C99 dans les premières étapes de la maladie d’Alzheimer et montré que cette molécule pourrait, à elle seule, provoquer des perturbations de la motivation et de la mémoire avant même l’apparition des plaques amyloïdes.
La maladie d’Alzheimer est généralement associée à l’accumulation des plaques de protéines amyloïde β (Aβ) dans le cerveau qui se forment environ Vingt ans avant l’apparition des premiers symptômes. Cependant, avant que cette protéine Aβ ne soit produite, une autre molécule intermédiaire apparaît : le fragment C99. Pourrait lui aussi jouer un rôle important dans la maladie.
Dans cette étude, les chercheurs ont voulu comprendre si C99 peut provoquer des troubles cérébraux, indépendamment de la protéine Aβ
Pour cela, ils ont comparé deux modèles de souris : un qui développe C99, et des Bêta amyloïdes, l’autre qui accumule juste le C99. Dans les deux cas, les souris ont présenté des comportements ressemblant à ce que l’on appelle l’apathie chez l’humain. Autrement dit, elles ont moins de motivation, moins d’intérêt pour l’environnement, sans problème moteur apparent. En effet, les souris peuvent marcher et se déplacer normalement quand elles sont incitées à le faire, la preuve qu’il s’agit bien de problème de motivation et non d’une faiblesse physique.
Le fait que les souris qui n’ont pas de plaques amyloïdes présentent exactement les mêmes troubles que les souris qui accumulent les deux, indique que le C99 est capable, à lui seul, de provoquer ces dysfonctionnements précoces.
Mais qu’on est-il pour la mémoire ?
Les deux modèles de souris présentent des difficultés de mémoire avec une aggravation des symptômes chez le modèle accumulant le C99 et le Bêta amyloïdes. Cela suggère que le C99 joue un rôle à un stade très précoce de la maladie en déclenchant les premiers troubles. Le bêta amyloïde quant à elles, aggravent le déclin cognitif.
Différences entre mâles et femelles
Comme chez l’humain, les femelles souris sont plus touchées que les mâles : elles présentent des déficits plus marqués, tant sur le plan du comportement que de la mémoire. Cela reflète bien la réalité clinique de la maladie d’Alzheimer, plus fréquente et plus sévère chez les femmes.
Que conclut cette étude ?
Ainsi, C99 pourrait être une cible importante pour mieux comprendre et traiter les stades précoces de la maladie d’Alzheimer. Le modèle de souris accumulant C99 apparaît particulièrement utile pour étudier ces mécanismes, car il permet de séparer les effets de C99 de ceux de Aβ.
