Comprendre l’impact du sommeil sur la maladie d’Alzheimer

SoRyMA - Sommeil, rythmes et risque de maladie d’Alzheimer

80 000 €

La Dre Catheline a exploré le lien entre sommeil et maladie d’Alzheimer afin de comprendre si les troubles du cycle veille-sommeil pouvaient révéler les premiers signes de la maladie.

Aujourd’hui, la recherche sur la maladie d’Alzheimer met de plus en plus en évidence l’importance des facteurs modifiables, comme le sommeil, dans le développement des formes sporadiques de la maladie. Si les traitements médicamenteux restent limités, c’est notamment parce que le diagnostic intervient souvent trop tardivement. Identifier des signes précoces, tels que les troubles du sommeil, pourrait permettre d’agir plus tôt sur la maladie.

Dans ce projet, soutenu par France Alzheimer et maladies apparentées et la Fondation de France, le Dr Gwenaelle Catheline et son équipe de l’Institut de Neurosciences Cognitives et Intégratives à Bordeaux ont cherché à comprendre si les perturbations du cycle veille-sommeil pouvaient constituer des biomarqueurs précoces de la maladie.

Les chercheurs ont étudié des volontaires de plus de 65 ans en combinant des mesures du sommeil en conditions réelles et des données d’imagerie cérébrale (IRM) ainsi que des tests de mémoire. Grâce au port d’une montre actimétrique pendant une semaine, ils ont pu analyser précisément la variabilité du cycle veille-sommeil au quotidien.

Les résultats montrent que plus le sommeil est irrégulier d’un jour à l’autre, plus les participants présentent des modifications cérébrales associées au vieillissement, notamment une accumulation de protéines amyloïdes et une atrophie de l’hippocampe. Ces marqueurs sont connus pour être impliqués dans les phases précoces de la maladie d’Alzheimer.

Ces travaux suggèrent ainsi qu’un sommeil perturbé ne serait pas seulement une conséquence de la maladie, mais pourrait en être un signal précoce, voire un facteur aggravant. Ils ouvrent la voie à des interventions ciblées, qu’elles soient comportementales ou pharmacologiques, visant à améliorer la qualité du sommeil pour ralentir la progression des troubles cognitifs.

Au-delà des patients, une meilleure prise en charge du sommeil pourrait également améliorer la qualité de vie des aidants, souvent affectés par les troubles nocturnes des personnes malades.

D’autre part, ce projet a été réalisé dans le cadre d’une thèse de doctorat ce qui a permis la formation d’une jeune chercheure sur cette thématique des facteurs associés au vieillissement cérébral, qui constitue le terrain sur lequel se développe la maladie d’Alzheimer. La formation des chercheurs de demain sur cette thématique constitue donc à mon sens également un aboutissement essentiel de ce projet qui contribue par ce biais aux futures avancées sur la maladie.

Les travaux ont été présentés dans des congrès internationaux et ont fait l’objet de 3 publications dans des journaux internationaux.