Nouvelles dimensions de la D-sérine dans la maladie d’Alzheimer

SERINALZHE - La D-sérine : un maillon central de la physiopathologie amyloïde

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Le docteur Billard a exploré le rôle de la D-sérine dans la maladie d’Alzheimer et montré que cette molécule, indispensable au fonctionnement des neurones, pourrait devenir un facteur aggravant des premiers dysfonctionnements cérébraux provoqués par les protéines bêta-amyloïdes.

La mémoire, l’apprentissage et la capacité à s’adapter à de nouvelles situations sont des fonctions qui reposent sur la communication entre les neurones dans leur lieu de connexion, les synapses. Cette connexion est notamment établie grâce à des récepteurs au glutamate, appelés NMDAR(N-methyl-D-aspartate), essentiels pour la mémoire. Pour fonctionner correctement, ces derniers ont besoin d’une substance naturelle : le la D sérine. Les recherches menées jusqu’ici ont montré que dans la maladie d’Alzheimer, les plaques amyloïdes pouvaient perturber le fonctionnement des récepteurs NMDA en laboratoire, mais on ignorait si ce mécanisme jouait réellement un rôle important dans le cerveau vivant et dans les troubles de la mémoire. C’est ce que vise à comprendre le projet du docteur Billard et son équipe.

Les chercheurs ont étudié un modèle de souris qui miment certaines caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Ils ont observé que très tôt dans la maladie, dès les premières accumulations de bêta‑amyloïde, le fonctionnement des récepteurs NMDA est perturbé dans les synapses (lieu de la connexion entre les neurones) et plus précisément dans deux régions appelées CA1et CA7.

Cette perturbation est associée à une augmentation temporaire de la D‑sérine dans le cerveau.

À ce stade précoce, les souris ne présentent pas encore de troubles de la mémoire visibles, mais les bases du dysfonctionnement cérébral sont déjà en place.

Plus tard, en vieillissant, les souris développent des difficultés de mémoire notamment pour se repérer dans l’espace, pour la mémoire du travail et pour s’adapter aux nouvelles situations. Elles développent des difficultés de mémoire, notamment pour se repérer dans l’espace, pour la mémoire de travail et pour s’adapter à de nouvelles situations.

Les chercheurs sont allés plus loin, en étudiant des souris capables de produire beaucoup de bêta‑amyloïde mais incapables de fabriquer de la D‑sérine. Ils ont observé une diminution des perturbations précoces du fonctionnement des récepteurs NMDA mais également une réduction des troubles de la mémoire. Cela suggère que la D-sérine joue un rôle négatif au moins au début de la maladie d’Alzheimer.

 En quoi ces résultats sont-ils importants ?

Ces résultats remettent en question l’idée, récemment proposée, selon laquelle prendre de la L‑sérine (un précurseur de la D‑sérine) pourrait prévenir la maladie d’Alzheimer. Au contraire, cette étude suggère que stimuler ce système trop tôt pourrait aggraver certains mécanismes cérébraux liés à la maladie. En effet, D‑sérine, pourtant normalement utile au cerveau, pourrait devenir nuisible au début de la maladie d’Alzheimer en lien avec l’accumulation de protéines toxiques.