Des petites formes de -amyloïdes impliquées dans la maladie d’Alzheimer
Dérégulation de la synthèse protéique dans la maladie d'Alzheimer
90 000 €
Le Docteur Darchen vise à comprendre comment des petites formes toxiques issues du peptide amyloïde perturbent les zone de contact entre les neurones.
De nombreuses recherches montrent que les synapses, zones de communication entre les neurones, sont touchées très tôt dans la maladie d’Alzheimer. Or, ces connexions sont indispensables au bon fonctionnement de la mémoire. Les mécanismes responsables de leur altération restent cependant encore mal compris.
Ce projet s’intéresse aux oligomères bêta amyloïdes, de petites formes toxiques issues du peptide amyloïde. L’équipe de recherche a tenté de comprendre comment ces oligomères perturbent les synapses, en particulier en modifiant la production locale de protéines. Cette production, réalisée directement au niveau des connexions entre neurones, est essentielle pour maintenir une communication efficace et permettre aux synapses de s’adapter.
Les chercheurs ont donc voulu identifier quelles protéines sont produites en trop grande quantité, ou au contraire en quantité insuffisante, sous l’effet des oligomères amyloïdes. L’objectif est de repérer les mécanismes abîmés par la maladie, mais aussi ceux qui restent fonctionnels et pourraient être réactivés.
L’équipe de recherche s’est intéressée à mTORC1, un complexe moléculaire qui agit comme un régulateur de cette production de protéines. Elle a montré que, lorsque les neurones sont activés, notamment via les récepteurs NMDA, mTORC1 est déplacé vers de petits compartiments internes de la cellule appelés endolysosomes.
Le projet a rencontré un retard lié à l’identification des voies de signalisation responsables de ce déplacement, certaines premières pistes s’étant révélées incorrectes. L’équipe a donc recentré ses efforts sur la démonstration du lien entre l’activation des récepteurs NMDA, le déplacement de mTORC1 et son activation.
Les chercheurs ont également commencé à étudier l’effet des oligomères bêta-amyloïdes, des formes toxiques du peptide amyloïde impliquées dans la maladie d’Alzheimer. Leurs résultats indiquent que ces oligomères freinent l’activation de mTORC1 et réduisent la production de certaines protéines nécessaires au bon fonctionnement des synapses.
Les travaux vont se poursuivre afin de mieux comprendre comment le peptide amyloïde perturbe mTORC1 et modifie la production locale de protéines dans les dendrites, les prolongements des neurones qui reçoivent les informations. À terme, ce projet pourrait aider à identifier de nouveaux mécanismes précoces de dysfonctionnement synaptique dans la maladie d’Alzheimer.
