Comprendre le lien entre une mauvaise qualité du sommeil et la maladie d’Alzheimer
OZAWA - Effect of chronic activation of thalamic neurons on sleep characteristics and cognitive performances in a mouse model of Alzheimer disease
125 000 €
La docteure HAY étudie le rôle du sommeil dans la maladie d’Alzheimer afin de mieux comprendre son influence sur l’évolution des troubles cognitifs et d’évaluer si l’amélioration de sa qualité pourrait ralentir la progression de la maladie.
Avec l’âge, le sommeil devient naturellement plus léger et davantage interrompu par des périodes d’éveil. Ce phénomène, appelé fragmentation du sommeil, est particulièrement marqué chez les personnes atteintes de maladies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer.
Plusieurs observations suggèrent qu’un sommeil de mauvaise qualité pourrait contribuer au développement de la maladie. Le sommeil profond joue notamment un rôle essentiel dans l’élimination des déchets produits naturellement par le cerveau pendant les périodes d’éveil. Lorsque ce processus est perturbé, certaines molécules peuvent s’accumuler, comme la protéine amyloïde ou la protéine Tau, impliquées dans les mécanismes de la maladie d’Alzheimer et susceptibles d’endommager les neurones.
Le sommeil intervient également dans le fonctionnement de la mémoire. Pendant cette période, la coordination entre certaines régions du cerveau permet de consolider les souvenirs. Il agit donc à la fois sur les capacités de mémorisation et sur la protection des neurones.
Dans ce projet, la docteure Hay et son équipe cherchent à mieux comprendre les liens entre les caractéristiques du sommeil et la maladie d’Alzheimer. Leur objectif est également de déterminer si une amélioration de la qualité du sommeil pourrait permettre de retarder l’apparition des troubles cognitifs liés à la maladie.
L’équipe a utilisé un modèle de souris génétiquement modifié pour développer des symptômes similaires à ceux observés chez l’être humain. Ces souris présentent des mutations associées aux formes familiales agressives de la maladie d’Alzheimer. Elles développent plusieurs caractéristiques de la maladie, comme l’accumulation de plaques ß-amyloïdes, une diminution de la communication entre les neurones, une dégradation du sommeil ainsi que des difficultés de mémoire et d’attention.
Une première étape du projeta consisté à suivre l’évolution de ces différents symptômes chez des souris saines et des souris modèles de la maladie. Chaque mois, les chercheurs réalisaient des tests permettant d’évaluer la mémoire, l’attention et les capacités motrices des animaux, tout en mesurant la qualité de leur sommeil. Cette approche permettra d’identifier le moment le plus adapté pour intervenir sur le sommeil.
Dans un second temps, l’équipe cherchera à améliorer la qualité du sommeil en agissant sur le thalamus, une région du cerveau impliquée dans la synchronisation de différentes zones cérébrales pendant le sommeil. La stimulation de cette région permettrait de réduire la fragmentation du sommeil. Le but est d’évaluer si une stimulation prolongée peut améliorer le sommeil et ralentir le déclin cognitif.
Les chercheurs partent de l’hypothèse que la dégradation du sommeil survient avant l’apparition des troubles cognitifs dans la maladie d’Alzheimer. Améliorer la qualité du sommeil suffisamment tôt pourrait donc contribuer à retarder l’apparition des symptômes et à ralentir leur évolution.
Cet article sera actualisé dès que la chercheuse aura communiqué les résultats de cette étude.
