Protéger les souvenirs en renforçant l’enveloppe des neurones
REMAIN - Rétablir la matrice des interneurones pour restaurer la mémoire dans un modèle de la maladie d'Alzheimer
90 000 €
Le docteure Verret a étudié un ensemble de molécules qui enveloppent les neurones, appelé PNN, afin de déterminer l'impact de leur absence sur une forme de mémoire appelée mémoire sociale.
Notre cerveau est constitué de plusieurs types de neurones assurant chacun une fonction particulière. Parmi eux, les neurones à parvalbumine (PV) jouent un rôle clé dans le maintien des souvenirs. Ces neurones sont recouverts d’une enveloppe de molécules appelée réseau périneuronal (ou PNN), qui assurerait la stabilité du souvenir nouvellement acquis. L’équipe du Docteure Verret, au Centre de recherches sur la cognition animale (CRCA) à Toulouse, avait déjà montré que le PNN est largement absent dans le cerveau de souris modèles de la maladie d’Alzheimer. Leur projet vise à étudier l’impact de l’absence de cette enveloppe sur l’activité du cerveau et la mémoire des souris. Les chercheurs toulousains ont, dans un second temps, tenté de reformer les PNN dans le cerveau des souris malades, en vue d’améliorer par ce biais la mémoire des animaux.
Cette étude a permis à l’équipe de recherche de mieux comprendre le rôle des neurones à parvalbumine et de leur matrice extracellulaire (PNN) dans les troubles de la mémoire associés à la maladie d’Alzheimer. Leur altération perturbe profondément le fonctionnement de l’hippocampe, une région essentielle à la formation des souvenirs, en particulier dans une sous-région appelée CA2, impliquée dans la mémoire sociale.
Les chercheurs ont également démontré que les bénéfices d’un environnement enrichi (stimulation cognitive, physique et sociale) reposent sur le remodelage des PNN entourant ces neurones. Empêcher ce remodelage supprime les effets bénéfiques de l’environnement enrichi sur la mémoire, tandis que restaurer les PNN permet d’améliorer les performances cognitives des souris modèles de la maladie d’Alzheimer.
Enfin, l’équipe a obtenu une preuve de concept importante en montrant qu’une intervention locale visant à restaurer ces neurones et leur matrice est suffisante pour améliorer durablement les performances de mémoire. Ces résultats ouvrent la voie au développement de nouvelles approches thérapeutiques ciblant ces circuits cérébraux.
Aujourd’hui, l’équipe poursuit ses recherches afin de déterminer si une activation transitoire de ces neurones ou la restauration de leur matrice peut induire des bénéfices cognitifs durables. Ces travaux constituent désormais la base de plusieurs projets financés au niveau national et international.
